Apaiser les divisions autour de la table
- Votre projet en deux lignes :
- Plus de 60 groupes de 6 à 8 personnes participent à une série de repas organisés de manière structurée sur une année (un repas par mois) afin de tisser des liens au-delà des différences.
- L'objectif de votre projet
- Renforcer la cohésion sociale
- Votre projet en détail :
Une ville, de nombreux pays
Nyon n’a jamais été aussi internationale, et nombre de ses habitantes et habitants ne se sont jamais sentis aussi seuls. Dans cette ville, quatre personnes sur dix détiennent un passeport étranger ; nous venons de 141 pays, et beaucoup d’entre nous vivent loin de la famille et des amis de longue date qui nous entouraient autrefois. Nous avons des clubs, des apéros, des groupes de randonnée, des associations internationales – une abondance d’occasions sociales. Et pourtant, on peut assister à tous les événements de la ville sans jamais être vraiment connu. Le contact n’est pas la connexion. Une activité n’est pas une relation. Ce projet consiste à apprendre, intentionnellement, à être en relation – même quand c’est difficile.
Le projet
Nous recruterons des participantes et participants qui se réuniront en groupes de 6 à 8 personnes pour manger ensemble et pratiquer l’art d’être en relation. Les groupes sont ouverts à toute personne dès 16 ans (avec autorisation parentale pour les mineurs), issues principalement de Nyon, avec un nombre limité de places pour les habitantes et habitants des communes voisines. Nous composerons les groupes à partir des inscriptions, en répartissant les personnes de manière à maximiser les différences au sein de chaque groupe : pays d’origine, âge, genre, état civil, parentalité, orientation sexuelle, années passées dans la région. Nous ne créons ni des cercles d’amis, ni des quartiers. Notre principe de conception exige de créer suffisamment de différence pour que chacune et chacun puisse s’exercer à être en relation.
Une seule activité, répétée : le repas partagé. Chaque groupe se retrouve une fois par mois autour d’un repas canadien – douze repas dans l’année, où chacun apporte un plat, avec l’invitation d’apporter un plat qui raconte qui vous êtes et d’où vous venez. La nourriture fait ce qu’elle a toujours fait : elle crée un espace ouvert de connexion entre les personnes. C’est dans cet espace convivial que se déploiera un programme intentionnel.
Hôtes de table : chaque table est animée par un hôte ou une hôtesse – une personne participante qui accueille, donne le rythme et guide les autres à travers le format. L’hôte ou l’hôtesse est formé·e et accompagné·e tout au long de l’année par la cheffe de projet, puis remercié·e en fin d’année par un bon cadeau à faire valoir auprès de commerces locaux.
Six questions qui créent la relation : six repas mensuels s’articulent autour de questions soigneusement choisies, conçues pour que chacun·e soit vu·e – Quelle est la différence entre la personne que vous étiez dans votre pays d’origine et celle que vous êtes aujourd’hui ? Que portez-vous en vous dont personne ne s’enquiert ? À quand remonte la dernière fois où vous vous êtes senti·e vraiment chez vous ? – tenues dans un format dont les règles découlent des six compétences relationnelles : une seule voix à la fois, recevoir sans chercher à réparer, rester dans le sujet quand il devient inconfortable.
Six questions qui abordent les clivages : six repas mensuels introduisent les sujets qui divisent les familles, les voisins et les villes – l’IA, la famille, le climat, la migration – à travers une série de questions conçues pour révéler les positions de chacun·e, ainsi que les besoins universels qui se trouvent sous le désaccord : protéger, appartenir, compter. Par exemple, sur le climat : « Le changement climatique est-il une urgence, une exagération, ou quelque chose entre les deux ? À qui revient la responsabilité d’agir, et que pensez-vous honnêtement des personnes qui voient les choses autrement ? » Puis les questions font émerger ce qui se trouve sous les positions : « Quel mode de vie avez-vous peur de perdre ? Qu’avez-vous peur que vos petits-enfants ne connaissent jamais ? » Le repas se termine en nommant le besoin commun à toutes les réponses.
Le problème sous-jacent
En Suisse, environ 38 % des personnes de plus de 15 ans déclarent se sentir seules – davantage encore parmi les personnes issues de la migration. Nos groupes sociaux organisent ce que nous faisons ensemble, presque jamais notre manière d’être ensemble. La conversation reste donc en surface : la météo, les écoles, la prochaine sortie – tandis que ce qui compte vraiment pour les gens demeure tu. Et lorsque la friction ou le conflit survient, comme il survient toujours, la plupart des groupes n’ont aucun moyen de le réparer. Les gens se disputent rarement ; ils disparaissent simplement du groupe.
Et la solitude n’est pas la seule fracture. Nyon, comme la plupart des villes, est traversée de clivages : locaux et internationaux, propriétaires et locataires, francophones et anglophones, protestants et catholiques, conservateurs et progressistes. Ces divisions éclatent rarement ; avec le temps, elles peuvent se durcir.
Les vignobles qui entourent Nyon détiennent une leçon applicable ici : lorsque le phylloxéra a dévasté les vignes d’Europe il y a un siècle et demi, ce qui les a sauvées fut la greffe sur un porte-greffe différent – la résilience est née de l’union de ce qui était différent, à la racine. Ce projet commence par cultiver délibérément un système racinaire composé de la riche diversité de cultures déjà présente à Nyon.
Les relations capables de résister à la sécheresse et à la maladie ne se construisent pas pendant la crise ; elles se greffent bien avant l’épreuve, dans les saisons ordinaires, autour de tables ordinaires. Voilà ce que construit ce projet : des relations qui font place à la différence, assez robustes pour qu’une ville puisse s’y appuyer quand viendra la saison difficile.
Ce projet construit aussi une architecture relationnelle. Les relations ne relèvent ni de la chance, ni de l’alchimie. Elles reposent sur une infrastructure relationnelle précise, qui s’apprend en pratiquant la présence, l’écoute sans se défendre, la parole vraie et la réparation après une rupture.
Pourquoi maintenant
La décennie à venir demandera davantage à Nyon, pas moins. Les scénarios climatiques suisses prévoient une forte augmentation des journées de canicule et des nuits tropicales dans la région lémanique ; le moustique tigre est déjà arrivé dans le canton ; l’IA transforme visiblement le marché du travail dont dépendent nos habitantes et habitants. Les villes n’affrontent pas de tels changements en tant qu’administrations – elles les affrontent en tant que réseaux de relations. Une ville dont les habitantes et habitants savent rester en contact véritable à travers l’inconfort et la différence est une ville capable de s’adapter ensemble.
Qui nous sommes · Calendrier · Budget
Nous sommes trois habitantes et habitants de Nyon : Megan Warren, coach en leadership ; Julie Pluies Raulet, chercheuse socio-anthropologue ; et Tim Eaton, développeur informatique.
La participation est gratuite et ouverte à toute personne dès 16 ans (autorisation parentale pour les mineurs) – Suisses comme internationaux – avec un recrutement via les associations de quartier, les quartiers solidaires, les groupes communautaires internationaux et les canaux de la Ville.
Nov.–déc. 2026 : mise en place et recrutement.
Janv.–déc. 2027 : repas mensuels des groupes.
Déc. 2027 : mesure finale et rapport public.
Budget demandé : CHF 15’000 (budget détaillé en annexe) – gestion de projet et accompagnement des tables, cadeaux de remerciement pour les hôtes de table, mesure et analyse, matériel et communication. Les repas eux-mêmes sont canadiens : la nourriture est la contribution des participantes et participants.
- Le montant demandé pour réaliser le projet (max. CHF 20'000.-, budget à détailler avec le fichier dédié) :
- 15000
- L'adresse exacte de votre projet si elle est connue ainsi que le ou les quartier(s) concerné(s)
- Tous les quartiers
- Le nom de votre association (facultatif) (il n’est pas nécessaire d’être une association pour déposer un projet mais vous devez être minimum trois) :
- Connectors
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